RIFAMPICINE

 



RIFAMPICINE PHARMA 150 mg , Gélule

Présentation : Boîte de 30
Distributeur ou fabriquant : PHARMA5
Composition : Rifampicine
PPM : 21.55 Dh

RIFAMPICINE PHARMA 2% , Suspension sirupeuse

Présentation : Flacon de 120 ml
Distributeur ou fabriquant : PHARMA5
Composition : Rifampicine
PPM : 69.35 Dh

RIFAMPICINE PHARMA 300 mg , Gélule

Présentation : Boîte de 30
Distributeur ou fabriquant : PHARMA5
Composition : Rifampicine
PPM : 39.15 Dh

 

 
Sommaire
  • Indications
  • Posologie
  • Contre indications
  • Effets indésirables
  • Précautions et autres informations

Indications

Elles procèdent de l'activité antibactérienne et des caractéristiques pharmacocinétiques de la rifampicine.

Elles tiennent compte à la fois des études cliniques auxquelles a donné lieu ce médicament et de sa place dans l'éventail des produits antibactériens actuellement disponibles.

Elles sont limitées à:

1. TUBERCULOSE sous toutes ses formes:

a) Traitement en polythérapie:

• tuberculose pulmonaire de 1ère atteinte ou rechute,

• tuberculoses extra-pulmonaires: méningite tuberculeuse, tuberculose uro-génitale, ostéo-articulaire, ganglionnaire, des séreuses, digestives, hépato-splénique, cutanée, etc...

b) Chimioprophylaxie en bi ou mono-thérapie:

• virages isolés des réactions cutanées tuberculiniques,

• sujets à réactions tuberculiniques négatives, en contact avec des tuberculeux bacillaires,

• patients immuno-déprimés en présence d'un contact avec des tuberculeux bacillaires ou susceptibles d'un réveil tuberculeux.

2. Autres infections à mycobactéries sensibles.

3. LEPRE dans le cadre de la polythérapie.

4. BRUCELLOSE

5. INFECTIONS GRAVES, traitées en milieu hospitalier à germes Gram + (staphylocoques, entérocoques) ou à germes Gram - sensibles.

6. PROPHYLAXIE DES MENINGITES A MENINGOCOQUE:

• le but est d'éradiquer le germe (Neisseria meningitidis) du nasopharynx,

• la rifampicine n'est pas un traitement de la méningite à méningocoque,

• elle est préconisée en prophylaxie chez deux types de personnes:

o le malade après son traitement curatif et avant sa réintégration en collectivité,

o les sujets ayant été exposés aux sécrétions oropharyngées du malade dans les dix jours précédant son hospitalisation.

• la décision de traiter l'ensemble des membres d'une collectivité, en particulier les enfants, doit tenir compte des risques «d'exposition». Cette prescription doit être rigoureuse afin de limiter les effets secondaires de la rifampicine et la possibilité d'apparition de souche résistante (1 à 10% dans certaines études après traitement prophylactique).

Il convient de tenir compte des recommandations officielles concernant l'utilisation appropriée des antibactériens



Posologie Rifampicine 300 mg Gélule Boîte de 8

Posologie

1) TUBERCULOSE

a) Principes de traitement

La notion de traitement correct et bien suivi est, avec la négativation durable des examens bactériologiques, le critère de guérison essentiel.

Quel que soit le contexte, on ne commencera le traitement qu'une fois obtenue la preuve bactériologique de la tuberculose. L'examen bactériologique comprend systématiquement l'examen direct, la mise en culture et l'antibiogramme.

Toutefois, s'il y a urgence ou si les lésions sont typiques et la bacilloscopie négative malgré sa répétition (4 à 6 prélèvements), le traitement peut être institué et sera reconsidéré lorsque l'on disposera des résultats de la culture.

Pour être efficace, ce traitement doit:

• associer plusieurs antituberculeux:

o trois ou quatre jusqu'aux résultats de l'antibiogramme pour tenir compte d'une éventuelle résistance primaire (et, de toute façon, pendant au moins 2 mois),

o au moins deux ensuite, pour éviter l'apparition d'une résistance acquise.

• utiliser les antituberculeux les plus actifs (bactéricides) à des doses efficaces (mais adaptées pour éviter tout surdosage).

La chimiothérapie de la tuberculose associe habituellement la rifampicine (RMP),l'isoniazide (INH), le pyrazinamide (PZA) avec adjonction éventuelle d'éthambutol (EMB).

b) Posologie du traitement

Adulte: 8 à 12 mg/kg/j de préférence à distance des repas en une prise.

Enfant à partir de 6 ans (entre 6 et 15 ans): même posologie que chez l'adulte, en moyenne 10 mg/kg/j en une prise.

Le schéma habituel recommandé pour le traitement de la tuberculose pulmonaire non compliquée, à bacilles sensibles est une trithérapie initiale: rifampicine, pyrazinamide, isoniazide pendant 2 mois.

Celle-ci peut être remplacée par une quadrithérapie initiale incluant l'éthambutol en cas de rechute, de suspicion de résistance ou d'antécédents de tuberculose.

Ce traitement initial est suivi d'une phase de consolidation de 4 mois associant rifampicine et isoniazide (durée totale du traitement: 6 mois).

Si le malade n'a pas reçu de pyrazinamide à la phase initiale, la phase de consolidation doit être poursuivie 7 mois (durée totale du traitement: 9 mois).

A la phase de consolidation (à partir du 3ème mois), l'association rifampicine + isoniazide peut être prescrite de façon intermittente 2 ou 3 fois par semaine. Ce mode d'administration rentre surtout dans le cadre des traitements supervisés et nécessite l'augmentation de la prise unitaire d'isoniazide.

c) En chimioprophylaxie

La posologie est la même qu'en cas de tuberculose avérée. La durée du traitement est habituellement de 6 à 12 mois.

2) LEPRE

Pour le traitement de la lèpre, les posologies recommandées par l'O.M.S. sont:

• Formes multibacillaires (LL, BL, BB)

Adulte

Rifampicine: 600 mg une fois par mois, sous surveillance

+ Dapsone: 100 mg par jour, auto-administrée

+ Clofazimine: 300 mg une fois par mois, sous surveillance, et 50 mg par jour, auto-administrée.

Enfant

Rifampicine: 10 mg/kg, 1 fois par mois

+ Dapsone: 1-2 mg/kg/j

+ Clofazimine: 200 mg 1 fois par mois + 50 mg un jour sur deux.

Durée du traitement: au moins 2 ans.

• Formes paucibacillaires (TT, BT)

Adulte

Rifampicine: 600 mg une fois par mois, sous surveillance

+ Dapsone: 100 mg (1-2 mg/kg) une fois par jour.

Enfant

Rifampicine: 10 mg/kg, 1 fois par mois

+ Dapsone: 1-2 mg/kg/j.

Durée du traitement: 6 mois.

3) BRUCELLOSE

En association:

Rifampicine: 900 mg/jour en une prise le matin à jeun.

Doxycycline: 200 mg/jour en une prise, lors du repas du soir.

Pour les brucelloses aiguës la durée du traitement est de 45 jours.

4) INFECTIONS GRAVES A GERMES GRAM + et -

Après élimination d'une éventuelle tuberculose, la rifampicine sera administrée, toujours en association à un autre antibiotique actif, en fonction des résultats de l'antibiogramme, à la posologie suivante:

Adulte: 20 à 30 mg/kg/jour répartis en 2 prises, à prendre en dehors des repas.

Enfant à partir de 6 ans: même posologie que l'adulte.

5) PROPHYLAXIE DES MENINGITES A MENINGOCOQUE

La rifampicine sera donnée pendant 48 heures à la posologie suivante:

Adulte: 600 mg toutes les 12 heures.

Enfant à partir de 6 ans: 10 mg/kg toutes les 12 heures.

INSUFFISANCE HEPATIQUE PREEXISTANTE

La posologie devra être diminuée (par exemple, pour la tuberculose, 5 mg/kg/jour en 1 prise sans dépasser 900 mg/jour). On pourra s'aider du dosage de la rifampicinémie.

INSUFFISANCE RENALE

Aux posologies élevées dans les infections graves à germes Gram + ou Gram -, le degré d'insuffisance rénale peut imposer d'espacer les prises:

• insuffisance rénale modérée (clairance de la créatinine comprise entre 60 et 30 ml/mn): vérifier la rifampicinémie au 2ème ou 3ème jour du traitement pour, éventuellement, espacer les prises.

• insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine inférieure à 30 ml/mn): l'espacement des prises est indispensable.
Les jours de dialyse, la posologie à utiliser sera celle préconisée chez le sujet non insuffisant rénal.

Mode d'administration

La forme gélule est réservée aux adultes et aux enfants à partir de 6 ans.

Pour garantir une absorption optimale, les gélules de rifampicine doivent être prises de préférence à jeun, au moins ½ heure avant un repas.

Alerte ANSM du 08/04/2013 :

Le CHMP a recommandé d’appliquer les schémas posologiques des antituberculeux suivants chez l’enfant à partir de l’âge de 3 mois, en concordance avec les doses préconisées par l’OMS :

Substances actives

Doses* recommandées chez l’enfant à partir de l ’âge de 3 mois (fonction du poids corporel de l ’enfant )

Rifampicine (RMP)

15 (10-20) mg/kg

* Les doses les plus élevées sont recommandées pour le traitement des formes sévères de la maladie

Ces posologies peuvent toutefois être ajustées au cas par cas au sein des services spécialisés en tenant compte des facteurs influençant la pharmacocinétique des médicaments (statut nutritionnel, maturité enzymatique, âge…).

A noter qu’au regard de l’insuffisance des données, il n’a pas été possible d’émettre de recommandations posologiques chez l’enfant âgé de moins de 3 mois, ni de proposer de schémas posologiques spécifiques pour la rifabutine.

 



Contre indications

Ce médicament ne doit pas jamais être utilisé dans les cas suivants:

• Chez l'enfant en-dessous de 6 ans en raison du risque de fausse route.

• Hypersensibilité aux rifamycines.

• Porphyries.

• Association avec les antiprotéases: ampénavir, indinavir, nelfinavir, ritonavir, lopinavir/ritonavir, saquinavir (voir rubrique Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions).

• Association avec la delavirdine (voir rubrique Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions).

• Hypersensibilité à l'un des composants de ce médicament.

Ce médicament ne doit généralement pas être utilisé en association avec:

• Les contraceptifs oestroprogestatifs et progestatifs.

• La névirapine (voir rubrique Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions).

• Au cours de l'allaitement (voir rubrique Grossesse et allaitement).



Effets indésirables Rifampicine

• La rifampicine peut entraîner une coloration rouge des sécrétions comme l'urine, les crachats et le liquide lacrymal. Elle peut colorer de façon permanente les lentilles de contact.

• Des réactions à la rifampicine apparaissant lors des traitements quotidiens ou intermittents

o Manifestations cutanées
Occasionnellement: réactions vasomotrices, prurit avec ou sans éruption et urticaires.
Cas isolés: réactions d'hypersensibilité cutanées. Quelques cas isolés de syndrome du Lyell ont été rapportés.

o Manifestations gastro-intestinales
Occasionnellement: anorexie, nausées, douleurs abdominales, météorisme.
Rarement: vomissements, diarrhées.
Des cas isolés de colites pseudomembraneuses ont été rapportés.

o Manifestations hépatiques
Rarement: manifestation hépatiques d'hypersensibilité d'apparition précoce (1er mois). Il peut apparaître une hypertransaminasémie isolée exceptionnellement associée à des signes cliniques.

o Manifestations hématologiques et hémodynamiques
Rarement: éosinophilie, leucopénie et oedème.
Des cas isolés de thrombocytopénie, avec ou sans purpura, peuvent apparaître, habituellement associés aux traitements intermittents. Ceci est réversible si le traitement est suspendu dès l'apparition du purpura. Dans ces cas de purpura, l'administration de rifampicine doit être interrompue car des hémorragies cérébrales fatales ont été rapportées lorsque l'administration était maintenue.

o Manifestations endocriniennes
Occasionnellement: perturbations du cycle menstruel rapportées chez des patientes recevant des traitements anti-tuberculeux prolongés contenant de la rifampicine.

• Des réactions apparaissant habituellement lors de traitements intermittents ou lors de la prise de la médication après interruption momentanée, plus probablement d'origine immuno-allergique, ont été décrites:

o «syndrome grippal» («flu-syndrom») consistant en épisodes fébriles, frissons, maux de tête, vertiges et douleurs osseuses apparaissant le plus fréquemment entre le 3e et le 6e mois de traitement. La fréquence du syndrome varie mais elle peut s'observer chez 50 pour cent des patients recevant des traitements 1 fois par semaine à des posologies de 25 mg/kg ou plus,

o troubles respiratoires et asthmatiformes,

o baisse de la pression artérielle et choc,

o anémie hémolytique aiguë.

o insuffisance rénale aiguë habituellement due à une nécrose tubulaire aiguë réversible. Une nécrose corticale a également été rapportée.

Précautions d'emploi

Mises en garde spéciales

• En cours de traitement, l'émergence de mutants résistants, en particulier de staphylocoques, est possible. En conséquence une telle acquisition de résistance devra être recherchée lors d'un échec thérapeutique afin, le cas échéant, de modifier l'antibiothérapie.

Précautions d'emploi

• Si on réinstaure un traitement par la rifampicine après un arrêt plus ou moins long, il convient d'administrer une posologie progressive. Chez l'adulte, on commencera par 150 mg par jour, dose que l'on augmente chaque jour de 150 mg jusqu'à ce que l'on atteigne la dose utile. Dans ces cas, on surveillera attentivement la fonction rénale. En cas exceptionnel d'apparition de thrombocytopénie, de purpura, d'anémie hémolytique ou de grande insuffisance rénale, on cessera immédiatement et définitivement la médication.

• On évitera la prise discontinue de rifampicine en insistant, lors de la prescription, sur la nécessité d'une prise quotidienne régulière, excepté pour le traitement de la lèpre (voir rubrique Posologie et mode d'administration).

• Après la fin du traitement, le produit éventuellement restant ne doit jamais être réutilisé sans avis médical (risque d'hypersensibilité).

• Surveillance régulière des fonctions hépatiques (en particulier en cas d'association avec l'isoniazide) et de l'hémogramme (+ plaquettes) par exemple au 8ème jour, à la fin du 1er mois, puis de façon plus espacée (2 mois).

La posologie doit être adaptée en cas:

• d'insuffisance hépatique préexistante,

• d'insuffisance rénale pour les posologies élevées (voir rubrique Posologie et mode d'administration).

Interactions avec les examens paracliniques

La rifampicine peut retarder l'excrétion biliaire des produits de contraste utilisés pour l'examen radiographique de la vésicule biliaire.

Les méthodes microbiologiques servant à déterminer la concentration plasmatique de l'acide folique et de la vitamine B12 ne sont pas utilisables pendant le traitement par la rifampicine.

La rifampicine entre en compétition à titre temporaire, avec la bilirubine et la BSP. Pour éviter les faux résultats positifs, le test à la BSP devra être réalisé le matin avant l'administration de la rifampicine.



Interactions avec d'autres médicaments

La plupart des interactions sont liées à l'effet inducteur enzymatique de la rifampicine. Cet effet inducteur s'observe dès la posologie de 600 mg/jour, il se développe en quelques jours, atteint son maximum en 3 semaines environ et se maintient 1 à 4 semaines après l'arrêt de la rifampicine.

Associations contre-indiquées

+ Antiprotéases: ampénavir, indinavir, nelfinavir, ritonavir, lopinavir/ritonavir, saquinavir

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'antiprotéase par augmentation de son métabolisme hépatique.

+ Delavirdine:

Diminution importante des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la delavirdine par augmentation de son métabolisme hépatique.

Associations déconseillées

+ Estroprogestatifs et progestatifs (contraceptifs)

Diminution de l'efficacité contraceptive (augmentation du métabolisme hépatique). utiliser de préférence une autre méthode contraceptive, en particulier de type mécanique.

+ Névirapine

Diminution des concentrations plasmatiques de l'antiviral par augmentation de son métabolisme hépatique.

Associations faisant l'objet de précautions d'emploi

+ Antagonistes du calcium (décrit pour vérapamil, diltiazem et nifédipine)

Diminution des concentrations plasmatiques de l'antagoniste du calcium par augmentation de leur métabolisme hépatique. Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de l'antagoniste du calcium pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.

+ Antiarythmiques classe I a (disopyramide, hydroquinidine, quinidine)

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'antiarythmique (accélération de son métabolisme hépatique).

Surveillance clinique, ECG et éventuellement de la concentration plasmatique de l'antiarythmique. Si besoin, adaptation de la posologie de l'antiarythmique pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt (risque de surdosage en antiarythmique).

+ Anticoagulants oraux

Diminution de l'effet de l'anticoagulant oral (augmentation de son métabolisme hépatique). Contrôle plus fréquent du taux de prothrombine et surveillance de l'INR. Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la rifampicine et 8 jours après son arrêt.

+ Antifongiques: fluconazole, itraconazole, kétoconazole

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité des deux anti-infectieux (induction enzymatique par la rifampicine et diminution de l'absorption intestinale par l'azolé antifongique). La diminution des concentrations plasmatiques du fluconazole est moins marquéeque celles des deux autres azolés. Espacer les prises des deux anti-infectieux, surveiller les concentrations plasmatiques de l'azolé antifongique et adapter éventuellement la posologie. Pour l'association rifampicine-kétoconazole: espacer les prises des deux anti-infectieux de 12 heures.

+ Carbamazépine

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la carbamazépine par augmentation de son métabolisme hépatique. Surveillance clinique, contrôle des concentrations plasmatiques et adaptation de la posologie de la carbamazépine pendant le traitement par la rifampicine et après sont arrêt.

+ Ciclosporine, tacrolimus

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'immunodépresseur (augmentation de son métabolisme hépatique).

Augmentation de la posologie de l'immunodépresseur sous contrôle des concentrations plasmatiques.

Diminution de la posologie à l'arrêt de la rifampicine.

+ Corticoïdes (gluco-, minéralo-) (voie générale)

Risque de diminution de l'efficacité des corticoïdes (augmentation de leur métabolisme); les conséquences pourraient être particulièrement importantes lorsque les corticoïdes sont administrés comme traitement substitutif ou en cas de transplantation.

Surveillance clinique et biologique: adaptation de la posologie des corticoïdes pendant l'association et après l'arrêt de la rifampicine.

+ Digitoxine

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la digitoxine (augmentation de son métabolisme hépatique).

Surveillance clinique, ECG. et éventuellement de la digitoxinémie. S'il y a lieu, adaptation de la posologie de la digitoxine pendant l'association et après l'arrêt de la rifampicine ou bien préférer la digoxine moins métabolisée par le foie.

+ Efavirenz

Diminution des concentrations plasmatiques de l'antiviral par augmentation de son métabolisme hépatique.

+ Estrogènes et progestatifs (non contraceptifs)

Diminution de l'efficacité de l'estrogène ou du progestatif (augmentation de son métabolisme hépatique).

Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de l'estrogène ou du progestatif pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.

+ Hormones thyroïdiennes (décrit pour la phénytoïne, la rifampicine, la carbamazépine)

Risque d'hypothyroïdie clinique chez les patients hypothyroïdiens, par augmentation du métabolisme de la T3 et de la T4.

Surveillance des concentrations sériques de T3 et de T4 et adaptation si besoin de la posologie de la lévothyroxine pendant le traitement par l'inducteur et après son arrêt.

+ Isoniazide

Augmentation de l'hépatotoxicité de l'isoniazide (accélération de la formation de métabolites toxiques de l'isoniazide). Surveillance clinique et biologique de cette association classique. En cas d'hépatite, arrêter l'isoniazide.

+ Méthadone

Diminution des concentrations plasmatiques de méthadone avec risque d'apparition d'un syndrome de sevrage par augmentation de son métabolisme hépatique.

Augmenter la fréquence de prises de méthadone: 2 à 3 fois par jour au lieu d'une fois par jour.

+ Montélukast

Risque de baisse de l'efficacité du montélukast par augmentation de son métabolisme hépatique par l'inducteur.

Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de l'antiasthmatique pendant le traitement par l'inducteur et après son arrêt.

+ Morphine

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la morphine et de son métabolite actif.

Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de la morphine pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.

+ Phénytoïne

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la phénytoïne par augmentation de son métabolisme hépatique.

Surveillance clinique, dosage des concentrations plasmatiques de phénytoïne et adaptation éventuelle de sa posologie pendant le traitement par la rifampicine et après sont arrêt.

+ Terbinafine

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la terbinafine (augmentation de sa clairance plasmatique).

Adaptation de la posologie de la terbinafine pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.

+ Théophylline (base et sels) et aminophylline

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la théophylline (augmentation de son métabolisme par induction enzymatique).

Surveillance clinique et si besoin, de la théophyllinémie.

Adapter, s'il y a lieu, la posologie de la théophylline pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.

+ Tolbutamide

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de tolbutamide (augmentation de son métabolisme hépatique).

Prévenir le patient et renforcer l'auto-surveillance glycémique.

Adapter éventuellement la posologie du sulfamide hypoglycémiant pendant le traitement par rifampicine et après son arrêt.

+ Zidovudine

Risque de diminution de l'efficacité de la zidovudine (accélération de son métabolisme hépatique).

Surveillance clinique régulière.

+ Zolpidem

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité du zolpidem par augmentation de son métabolisme hépatique.

Surveillance clinique. Utiliser éventuellement un autre hypnotique.

Associations à prendre en compte

+ Alprénolol, métoprolol, propranolol

Diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité des β bloquants (accélération de leur métabolisme hépatique).

Pour ces β bloquants éliminés essentiellement par biotransformation hépatique.

Problèmes particuliers du déséquilibre de l'INR

De nombreux cas d'augmentation de l'activité des anticoagulants oraux ont été rapportés chez des patients recevant des antibiotiques. Le contexte infectieux ou inflammatoire marqué, l'âge et l'état général du patient apparaissent comme des facteurs de risque. Dans ces circonstances, il apparaît difficile de faire la part entre la pathologie infectieuse et son traitement dans la survenue du déséquilibre de l'INR.

Cependant, certaines classes d'antibiotiques sont davantage impliquées: il s'agit notamment des fluoroquinolones, des macrolides, des cyclines, du cotrimoxazole et de certaines céphalosporines.



Grossesse et allaitement

Grossesse

L'expérimentation animale a mis en évidence un effet tératogène chez le rat et la souris à doses élevées.

En clinique, l'utilisation de la rifampicine au cours d'un nombre limité de grossesses n'a apparemment révélé aucun effet malformatif ou foetotoxique particulier à ce jour. Toutefois, des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer les conséquences d'une exposition en cours de grossesse.

En conséquence, l'utilisation de la rifampicine ne doit être envisagée au cours de la grossesse, qu'en l'absence d'alternative thérapeutique.

En cas d'utilisation pendant les dernières semaines de grossesse, des hémorragies maternelles et néonatales précoces ont été décrites. Un traitement préventif chez la mère et l'enfant à la naissance par la Vitamine K1 est proposé.

Allaitement

La rifampicine passe dans le lait maternel. Par conséquent, une suspension de l'allaitement doit être envisagée.



Comment ça marche ?

Absorption

La résorption digestive est rapide et pratiquement totale.

La prise simultanée d'aliments réduit l'absorption de la rifampicine. Des concentrations plasmatiques maximales d'environ 10 µg/ml sont atteintes en 2-3 heures après l'administration d'une dose unique de 600 mg de rifampicine à jeun.

Distribution

• Le volume de distribution apparent est de 0,8 l/kg chez l'adulte et de 1,1 l/kg chez l'enfant. La liaison aux protéines sériques est d'environ 80%.

• La pénétration intracellulaire est bonne jusque dans les macrophages incluant les B.K.

• La diffusion tissulaire est excellente dans le poumon, le foie et le rein; bonne dans les autres tissus mais faible dans le LCR et seulement en cas de méningite. Important passage placentaire.

Biotransformation

La rifampicine est métabolisée principalement en désacétyl-rifampicine qui a la même activité antibactérienne.

La rifampicine a un effet inducteur sur son propre métabolisme.

Elimination

La demi-vie d'élimination plasmatique dépend de la dose; elle est d'environ 2,5 heures après une dose unique de 300 mg, de 3-4 heures après 600 mg et d'environ 5 heures après 900 mg.

Après administration quotidienne répétée pendant quelques jours, la biodisponibilité de la rifampicine diminue et sa demi-vie s'abaisse à 1-2 heures après des doses répétées de 600 mg. Par son effet d'induction enzymatique au niveau du foie, la rifampicine accélère son propre métabolisme; il en résulte que sa clairance systémique augmente après administration itérative. La majeure partie du médicament est éliminée par voie biliaire; 80 % de la quantité excrétée étant constitués par un métabolite, la désacétyl-rifampicine.

La rifampicine est également retrouvée dans les urines. Entre 150 mg et 900 mg, 4-18 % de la dose sont excrétés dans les urines de façon dose-dépendante et sous forme inchangée.

L'élimination dans le lait est d'environ de 2 µg/ml après une prise de 600 mg et dans la salive, en moyenne de 0,5 µg/ml après une prise de 600 mg.

Caractéristiques selon les patients

Chez les patients âgés, les concentrations plasmatiques sont semblables à celles des sujets jeunes.

Lors d'atteinte fonctionnelle rénale, la demi-vie d'élimination n'augmente qu'à des doses dépassant 600 mg/j. Aucun ajustement posologique n'est nécessaire en cours de dialyse.

Quand la fonction hépatique est altérée, les concentrations plasmatiques s'élèvent et la demi-vie d'élimination augmente. En présence d'un dysfonctionnement hépatique grave, il faudra éventuellement réajuster la posologie.

 

 

 

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