RINIAZIDE

 



RINIAZIDE 150/100 mg , Gélule

Présentation : Boîte de 100
Distributeur ou fabriquant : PHARMA5
Composition : Rifampicine Isoniazide
PPM : 20.40 Dh

RINIAZIDE 300/150 mg , Gélule

Présentation : Boîte de 100
Distributeur ou fabriquant : PHARMA5
Composition : Rifampicine Isoniazide
PPM :

 

 
Sommaire
  • Indications
  • Posologie
  • Contre indications
  • Effets indésirables
  • Précautions et autres informations

Indications

Elles procèdent de l'activité antibactérienne et des caractéristiques pharmacocinétiques de la rifampicine. Elles tiennent compte à la fois des études cliniques auxquelles a donné lieu ce médicament et de sa place dans l'éventail des produits antibactériens actuellement disponibles.
Elles sont limitées au traitement de la TUBERCULOSE sous toutes ses formes notamment la tuberculose pulmonaire.
Il convient de tenir compte des recommandations officielles concernant l'utilisation appropriée des antibactériens.


Posologie RINAZIDE 300 mg/150 mg Comprimé enrobé Boîte de 30

Posologie :
RESERVE A L'ADULTE DE PLUS DE 50 KG.
a) Principes de traitement :
La notion de traitement correct et bien suivi est, avec la négativation durable des examens bactériologiques, le critère de guérison essentiel.
Quel que soit le contexte, on ne commencera le traitement qu'une fois obtenue la preuve bactériologique de la tuberculose. L'examen bactériologique comprend systématiquement l'examen direct, la mise en culture et l'antibiogramme.
Toutefois, s'il y a urgence ou si les lésions sont typiques et la bacilloscopie négative malgré sa répétition (4 à 6 prélèvements), le traitement peut être institué et sera reconsidéré lorsque l'on disposera des résultats de la culture.
Pour être efficace, ce traitement doit :
- associer plusieurs antituberculeux :
. trois ou quatre jusqu'aux résultats de l'antibiogramme pour tenir compte d'une éventuelle résistance primaire (et, de toute façon, pendant au moins 2 mois),
. au moins deux ensuite, pour éviter l'apparition d'une résistance acquise.
- utiliser les antituberculeux les plus actifs (bactéricides) à des doses efficaces (mais adaptées pour éviter tout surdosage)
La chimiothérapie de la tuberculose associe habituellement la rifampicine (RMP), l'isoniazide (INH), le pyrazinamide (PZA) avec adjonction éventuelle d'éthambutol (EMB).
b) Posologie du traitement :
2 comprimés par jour en une seule prise :
- dose usuelle de rifampicine : 8 à 12 mg/kg/jour.
- dose usuelle d'isoniazide : 5 mg/kg/jour.


Contre indications

CONTRE-INDIQUE :
Ce médicament ne doit jamais être utilisé dans les cas suivants :
- hypersensibilité à la famille des rifamycines et à l'isoniazide ;
- hypersensibilité à l'un des composants de ce médicament : jaune orangé S ;
- insuffisance hépatique ;
- porphyries ;
- intervention avec anesthésie générale ;
- association avec les antiprotéases : amprénavir, indinavir, nelfinavir, ritonavir, lopinavir/ritonavir, saquinavir ;
- association avec la delavirdine (voir interactions).
- en raison de la présence de saccharose, ce médicament est contre-indiqué en cas d'intolérance au fructose, de syndrome de malabsorption du glucose et du galactose ou de déficit en sucrase-isomaltase.
DECONSEILLE :
Ce médicament ne doit généralement pas être utilisé :
- en association avec :
. les contraceptifs oestroprogestatifs et progestatifs,
. la névirapine,
. la carbamazépine,
. le disulfirame (voir interactions).
- en cours d'allaitement : en raison du passage dans le lait maternel des composés de cette association, l'allaitement est déconseillé. L'isoniazide est faiblement lié aux protéines plasmatiques et le passage dans le lait maternel est démontré, avec des concentrations équivalentes aux concentrations plasmatiques maternelles. Dans la mesure où il existe un risque potentiel de défaut d'acétylation chez le nouveau-né et compte tenu de la neurotoxicité et de l'hépatotoxicité de l'isoniazide, l'allaitement est déconseillé.


Effets indésirables RINAZIDE

La rifampicine et l'isoniazide sont habituellement bien tolérés aux doses recommandées.
RIFAMPICINE :
- La rifampicine peut entraîner une coloration rouge des sécrétions comme l'urine, les crachats et le liquide lacrymal. Elle peut colorer de façon permanente les lentilles de contact.
- Des réactions à la rifampicine apparaissant lors des traitements quotidiens ou intermittents :
. Manifestations cutanées :
Occasionnellement : réactions vasomotrices, prurit avec ou sans éruption et urticaires.
Cas isolés : réactions d'hypersensibilité cutanées. Quelques cas isolés de syndrome de Lyell ont été rapportés.
. Manifestations gastro-intestinales :
Occasionnellement : anorexie, nausées, douleurs abdominales, météorisme.
Rarement : vomissements, diarrhées.
Des cas isolés de colites pseudomembraneuses ont été rapportés.
. Manifestations hépatiques :
Rarement : manifestations hépatiques d'hypersensibilité d'apparition précoce (1er mois). Il peut apparaître une hypertransaminasémie isolée exceptionnellement associée à des signes cliniques.
. Manifestations hématologiques et hémodynamiques :
Rarement : éosinophilie, leucopénie et oedème.
Des cas isolés de thrombocytopénie, avec ou sans purpura, peuvent apparaître, habituellement associés aux traitements intermittents. Ceci est réversible si le traitement est suspendu dès l'apparition du purpura. Dans ces cas de purpura, l'administration de rifampicine doit être interrompue car des hémorragies cérébrales fatales ont été rapportées lorsque l'administration était maintenue.
. Manifestations endocriniennes :
Occasionnellement : perturbations du cycle menstruel rapportées chez des patientes recevant des traitements anti-tuberculeux prolongés contenant de la rifampicine.
- Des réactions apparaissant habituellement lors de traitements intermittents ou lors de la prise de la médication après interruption momentanée, plus probablement d'origine immuno-allergique, ont été décrites :
. "syndrome grippal" ("flu-syndrom") consistant en épisodes fébriles, frissons, maux de tête, vertiges et douleurs osseuses apparaissant le plus fréquemment entre le 3ème et le 6ème mois de traitement. La fréquence du syndrome varie mais elle peut s'observer chez 50 pour cent des patients recevant des traitements 1 fois par semaine à des posologies de 25 mg/kg ou plus,
. troubles respiratoires et asthmatiformes,
. baisse de la pression artérielle et choc,
. anémie hémolytique aiguë,
. insuffisance rénale aiguë habituellement due à une nécrose tubulaire aiguë réversible. Une nécrose corticale a également été rapportée.
ISONIAZIDE :
- nausées, vomissements, douleurs épigastriques ;
- pyrexie, myalgies, arthralgies ou anorexie ;
- de nombreux effets toxiques sont liés à une hypersensibilité et/ou à des doses élevées (supérieures à 10 mg/kg)
- hépatotoxicité : élévation relativement fréquente des transaminases, bilirubinurie, rares hépatites aiguës (avec ou sans ictère), certaines pouvant être sévères. L'hépatotoxicité est accrue par association à la rifampicine, par un mécanisme d'induction enzymatique.
D'autres inducteurs enzymatiques pourraient avoir le même effet (barbituriques).
- neurotoxicité : elle semble due au principe actif lui-même par carence en pyridoxine :
. neuropathies périphériques, annoncées par des paresthésies distales qui surviennent surtout chez les acétyleurs lents, le dénutri et l'éthylique ;
. troubles psychiques à type d'excitation neuropsychique : hyperactivité, euphorie, insomnie ;
. convulsions, névrite et atrophie optiques ont été rapportées ;
. sur terrain prédisposé et en particulier lors d'association avec l'éthionamide, on a noté : accès maniaques, délires aigus ou dépressions.
- réactions d'hypersensibilité : rarement fièvre, éruptions cutanées, acné, ictère ou hépatite, lymphadénie, éosinophilie, dyscrasie sanguine ;
- exceptionnellement : syndrome rhumatoïde, algodystrophie (syndrome épaule-main), syndrome lupique.
En raison de la présence de Jaune Orangé S (E 110), risque de réactions allergiques.

Précautions d'emploi

MISES EN GARDE :
- L'isoniazide peut provoquer des crises convulsives, en cas de surdosage (acétyleurs lents) ou sur un terrain prédisposé. Une surveillance étroite et l'administration concomitante d'anticonvulsivants sont essentielles.
- L'isoniazide peut accroître les taux sanguins de phénytoïne et entraîner des signes toxiques avec nystagmus, ataxie, confusion (voir interactions).
- En raison de la présence de saccharose, ce médicament est contre-indiqué en cas d'intolérance au fructose, de syndrome de malabsorption du glucose et du galactose ou de déficit en sucrase-isomaltase.
PRECAUTIONS D'EMPLOI :
- Réservé à l'adulte de plus de 50 kg.
- Fonctions hépatiques perturbées :
Des patients présentant une fonction hépatique perturbée ne devraient recevoir ce médicament qu'en cas de nécessité absolue et ce, avec précaution et sous surveillance médicale stricte.
Le risque de toxicité hépatique accrue possible de l'isoniazide et de la rifampicine doit entraîner une surveillance régulière :
. de l'hémogramme (+ plaquettes) par exemple au 8ème jour, à la fin du 1er mois, puis de façon plus espacée (2 mois),
. des fonctions hépatiques (transaminases).
Si des signes d'atteinte hépatique cellulaire (hépatite) apparaissent, le traitement doit être interrompu.
- Neuropathies périphériques :
. examen clinique neurologique régulier,
. prudence particulière d'administration chez l'éthylique,
. l'administration de pyridoxine (vitamine B6) prévient ou fait régresser les rares cas de neuropathie provoqués par le médicament, tout particulièrement chez les sujets âgés ou malnutris.
- Traitement intermittent :
Les manifestations d'hypersensibilité sont fréquemment, voire exclusivement liées à des administrations intermittentes ou à des arrêts-reprises de la rifampicine (voir effets indésirables).
- Interactions avec les examens paracliniques :
La rifampicine peut retarder l'excrétion biliaire des produits de contraste utilisés pour l'examen radiographique de la vésicule biliaire.
Les méthodes microbiologiques servant à déterminer la concentration plasmatique de l'acide folique et de la vitamine B12 ne sont pas utilisables pendant le traitement par la rifampicine.
La rifampicine entre en compétition à titre temporaire, avec la bilirubine et la BSP. Pour éviter les faux résultats positifs, le test à la BSP devra être réalisé le matin avant l'administration de la rifampicine.
- Grossesse :
. Rifampicine : l'expérimentation animale a mis en évidence un effet tératogène chez le rat et la souris à doses élevées. En clinique, l'utilisation de la rifampicine au cours d'un nombre limité de grossesses n'a apparemment révélé aucun effet malformatif ou foetotoxique particulier à ce jour. Toutefois, des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer les conséquences d'une exposition en cours de grossesse. En conséquence, l'utilisation de la rifampicine ne doit être envisagée au cours de la grossesse, qu'en l'absence d'alternative thérapeutique.
. Isoniazide : les études chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effet tératogène de l'isoniazide. En l'absence d'effet tératogène chez l'animal, un effet malformatif dans l'espèce humaine n'est pas attendu. En effet, à ce jour, les substances responsables de malformations dans l'espèce humaine se sont révélées tératogènes chez l'animal au cours d'études bien conduites sur deux espèces. En clinique, l'utilisation de l'isoniazide au cours d'un nombre limité de grossesses n'a apparemment révélé aucun effet malformatif ou foetotoxique particulier à ce jour. Toutefois, des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer les conséquences d'une exposition en cours de grossesse.
En conséquence, l'utilisation de cette association ne doit être envisagée au cours de la grossesse que si nécessaire, tout en sachant que, chez la femme enceinte, le traitement efficace d'une tuberculose active doit être maintenu tel qu'il était prescrit avant la grossesse. Une association avec la pyridoxine est souhaitable en raison de la présence de l'isoniazide. Lorsqu'elle est administrée en fin de grossesse, cette association peut entraîner des hémorragies maternelles et néonatales précoces. Le risque hémorragique est augmenté en association avec la rifampicine. Une prévention par la vitamine K1 per os chez la mère dans le mois précédant l'accouchement, et un apport adapté au moment de la naissance chez le nouveau-né, semblent efficaces. Une association avec la pyridoxine est souhaitable.
- Associations nécessitant des précautions d'emploi : aluminium (sels et hydroxydes) ; anesthésiques volatils halogénés ; antagonistes du calcium ; anti-arythmiques classe Ia (disopyramide, hydroquinidine, quinidine) ; anticoagulants oraux ; antifongiques (fluconazole, itraconazole, kétoconazole) ; ciclosporine, tacrolimus ; glucocorticoïdes et minéralocorticoïdes (voie générale) ; digitoxine ; éfavirenz ; estrogènes et progestatifs (non contraceptifs) ; hormones thyroïdiennes ; isoniazide ; méthadone ; montelukast ; morphine ; phénytoïne ; pyrazinamide ; terbinafine ; théophylline (base et sels) et aminophylline ; tolbutamide ; zidovudine ; zolpidem.


Interactions avec d'autres médicaments

La plupart des interactions sont liées à l'effet inducteur enzymatique de la rifampicine. Cet effet inducteur s'observe dès la posologie de 600 mg/jour, il se développe en quelques jours, atteint son maximum en 3 semaines environ et se maintient 1 à 4 semaines après l'arrêt de la rifampicine.
ASSOCIATIONS CONTRE INDIQUEES :
- Antiprotéases : amprénavir, indinavir, nelfinavir, ritonavir, lopinavir/ritonavir, saquinavir :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'antiprotéase par augmentation de son métabolisme hépatique.
- Délavirdine :
diminution importante des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la délavirdine par augmentation de son métabolisme hépatique.
ASSOCIATIONS DECONSEILLEES :
- Carbamazépine :
interaction pouvant se manifester soit sous la forme d'une baisse d'efficacité par augmentation de son métabolisme hépatique ou sous la forme d'un surdosage par inhibition de son métabolisme hépatique, respectivement dus à l'effet inhibiteur puissant de la rifampicine et au pouvoir inhibiteur de l'isoniazide.
- Disulfirame :
troubles du comportement et de la coordination.
- Estroprogestatifs et progestatifs (contraceptifs) :
diminution de l'efficacité contraceptive (augmentation du métabolisme hépatique). Utiliser de préférence une autre méthode contraceptive, en particulier de type mécanique.
- Néviparine :
diminution des concentrations plasmatiques de l'antiviral par augmentation de son métabolisme hépatique.
ASSOCIATIONS NECESSITANT DES PRECAUTIONS D'EMPLOI :
- Aluminium (sels et hydroxydes) :
diminution de l'absorption digestive de l'isoniazide. Prendre les topiques gastro-intestinaux à distance de l'isoniazide (plus de 2 heures, si possible).
- Anesthésiques volatils halogénés :
potentialisation de l'effet hépatotoxique de l'isoniazide, (avec formation accrue de métabolites toxiques de l'isoniazide). En cas d'intervention programmée, par prudence, arrêter le traitement par l'isoniazide une semaine avant l'intervention et ne le reprendre que 15 jours après.
- Antagonistes du calcium (décrit pour vérapamil, diltiazem et nifédipine) :
diminution des concentrations plasmatiques de l'antagoniste de calcium par augmentation de leur métabolisme hépatique. Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de l'antagoniste de calcium pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.
- Anti-arythmiques classe Ia (disopyramide, hydroquinidine, quinidine) :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'anti-arythmique (accélération de son métabolisme hépatique). Surveillance clinique, ECG et éventuellement de la concentration plasmatique de l'anti-arythmique. Si besoin, adaptation de la posologie de l'anti-arythmique pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt (risque de surdosage en anti-arythmique).
- Anticoagulants oraux :
diminution de l'effet de l'anticoagulant oral (augmentation de son métabolisme hépatique).
Contrôle plus fréquent du taux de prothrombine et surveillance de l'INR.
Adaptation de la posologie de l'anticoagulant oral pendant le traitement par la rifampicine et 8 jours après son arrêt.
- Antifongiques : fluconazole, itraconazole, kétoconazole.
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité des deux anti-infectieux (induction enzymatique par la rifampicine et diminution de l'absorption intestinale par l'azolé antifongique). La diminution des concentrations plasmatiques du fluconazole est moins marquée que celle des deux autres azolés.
Espacer les prises des deux anti-infectieux d'au moins 12 heures. Surveiller les concentrations plasmatiques de l'azolé antifongique et adapter éventuellement la posologie.
- Ciclosporine, tacrolimus :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'immunodépresseur (augmentation de son métabolisme hépatique).
Augmentation de la posologie de l'immunodépresseur sous contrôle des concentrations plasmatiques. Diminution de la posologie à l'arrêt de la rifampicine.
- Corticoïdes (gluco-, minéralo-) (voie générale) :
risque de diminution de l'efficacité des corticoïdes (augmentation de leur métabolisme) ; les conséquences pourraient être particulièrement importantes lorsque les corticoïdes sont administrés comme traitement substitutif ou en cas de transplantation.
Par ailleurs, les glucocorticoïdes diminuent les concentrations plasmatiques de l'isoniazide, par augmentation du métabolisme hépatique de l'isoniazide et diminution de celui des glucocorticoïdes.
Surveillance clinique et biologique : adaptation de la posologie des corticoïdes pendant l'association et après l'arrêt de la rifampicine.
- Digitoxine :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la digitoxine (augmentation de son métabolisme hépatique).
Surveillance clinique, ECG et éventuellement de la digitoxinémie. S'il y a lieu, adaptation de la posologie de la digitoxine pendant l'association et après l'arrêt de la rifampicine ou bien préférer la digoxine moins métabolisée par le foie.
- Efavirenz :
diminution des concentrations plasmatiques de l'antiviral par augmentation de son métabolisme hépatique.
- Estrogènes et progestatifs (non contraceptifs) :
diminution de l'efficacité de l'estrogène ou du progestatif (augmentation de son métabolisme hépatique).
Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de l'estrogène ou du progestatif pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.
- Hormones thyroïdiennes (décrit pour la phénytoïne, la rifampicine, la carbamazépine) :
risque d'hypothyroïdie clinique chez les patients hypothyroïdiens, par augmentation du métabolisme de la T3 et de la T4.
Surveillance des concentrations sériques de T3 et de T4 et adaptation si besoin de la posologie de la lévothyroxine pendant le traitement par l'inducteur et après son arrêt.
- Isoniazide :
augmentation de l'hépatotoxicité de l'isoniazide (accélération de la formation de métabolites toxiques de l'isoniazide).
Surveillance clinique et biologique de cette association classique. En cas d'hépatite, arrêter l'isoniazide.
- Méthadone :
diminution des concentrations plasmatiques de méthadone avec risque d'apparition d'un syndrome de sevrage par augmentation de son métabolisme hépatique.
Augmenter la fréquence de prises de méthadone : 2 à 3 fois par jour au lieu d'une fois par jour.
- Montelukast : risque de baisse de l'efficacité du montélukast par augmentation de son métabolisme hépatique par l'inducteur.
Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de l'anti-asthmatique pendant le traitement par l'inducteur et après son arrêt.
- Morphine :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la morphine et de son métabolite actif.
Surveillance clinique et adaptation éventuelle de la posologie de la morphine pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.
- Phénytoïne :
interaction pouvant se manifester soit sous la forme d'une diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la phénytoïne par augmentation de son métabolisme hépatique ou d'un surdosage en phénytoïne par diminution de son métabolisme, respectivement dus à l'effet inhibiteur puissant de la rifampicine et au pouvoir inhibiteur de l'isoniazide.
Surveillance clinique étroite, dosage des concentrations plasmatiques de phénytoïne et adaptation éventuelle de sa posologie pendant le traitement et après son arrêt.
- Pyrazinamide :
addition des effets hépatotoxiques.
Surveillance clinique et biologique.
- Terbinafine :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la terbinafine (augmentation de sa clairance plasmatique).
Adaptation de la posologie de la terbinafine pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.
- Théophylline (base et sels) et aminophylline :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la théophylline (augmentation de son métabolisme par induction enzymatique).
Surveillance clinique et si besoin, de la théophyllinémie. Adapter, s'il y a lieu, la posologie de la théophylline pendant le traitement par la rifampicine et après son arrêt.
- Tolbutamide :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de tolbutamide (augmentation de son métabolisme hépatique).
Prévenir le patient et renforcer l'autosurveillance glycémique.
Adapter éventuellement la posologie du sulfamide hypoglycémiant pendant le traitement par rifampicine et après son arrêt.
- Zidovudine :
risque de diminution de l'efficacité de la zidovudine (accélération de son métabolisme hépatique).
Surveillance clinique régulière.
- Zolpidem :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité du zolpidem par augmentation de son métabolisme hépatique.
Surveillance clinique. Utiliser éventuellement un autre hypnotique.
ASSOCIATIONS A PRENDRE EN COMPTE :
Alprénolol, métoprolol, propranolol :
diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité des bêtabloquants (accélération de leur métabolisme hépatique).
Pour ces bêtabloquants éliminés essentiellement par biotransformation hépatique.
PROBLEMES PARTICULIERS DU DESEQUILIBRE DE L'INR :
De nombreux cas d'augmentation de l'activité des anticoagulants oraux ont été rapportés chez des patients recevant des antibiotiques. Le contexte infectieux ou inflammatoire marqué, l'âge et l'état général du patient apparaissent comme des facteurs de risque. Dans ces circonstances, il apparaît difficile de faire la part entre la pathologie infectieuse et son traitement dans la survenue du déséquilibre de l'INR. Cependant, certaines classes d'antibiotiques sont davantage impliquées : il s'agit notamment des fluoroquinolones, des macrolides, des cyclines, du cotrimoxazole et de certaines céphalosporines.


Grossesse et allaitement

Grossesse :
RIFAMPICINE :
L'expérimentation animale a mis en évidence un effet tératogène chez le rat et la souris à doses élevées.
En clinique, l'utilisation de la rifampicine au cours d'un nombre limité de grossesses n'a apparemment révélé aucun effet malformatif ou foetotoxique particulier à ce jour. Toutefois, des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer les conséquences d'une exposition en cours de grossesse.
En conséquence, l'utilisation de la rifampicine ne doit être envisagée au cours de la grossesse, qu'en l'absence d'alternative thérapeutique.
ISONIAZIDE :
Les études chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effet tératogène de l'isoniazide. En l'absence d'effet tératogène chez l'animal, un effet malformatif dans l'espèce humaine n'est pas attendu. En effet, à ce jour, les substances responsables de malformations dans l'espèce humaine se sont révélées tératogènes chez l'animal au cours d'études bien conduites sur deux espèces.
En clinique, l'utilisation de l'isoniazide au cours d'un nombre limité de grossesses n'a apparemment révélé aucun effet malformatif ou foetotoxique particulier à ce jour. Toutefois, des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer les conséquences d'une exposition en cours de grossesse.
En conséquence, l'utilisation de cette association ne doit être envisagée au cours de la grossesse que si nécessaire, tout en sachant que, chez la femme enceinte, le traitement efficace d'une tuberculose active doit être maintenu tel qu'il était prescrit avant la grossesse. Une association avec la pyridoxine est souhaitable en raison de la présence de l'isoniazide.
Lorsqu'elle est administrée en fin de grossesse, cette association peut entraîner des hémorragies maternelles et néonatales précoces. Le risque hémorragique est augmenté en association avec la rifampicine. Une prévention par la vitamine K1 per os chez la mère dans le mois précédant l'accouchement, et un apport adapté au moment de la naissance chez le nouveau-né, semblent efficaces. Une association avec la pyridoxine est souhaitable.
Allaitement :
En raison du passage dans le lait maternel des composés de cette association, l'allaitement est déconseillé.
L'isoniazide est faiblement lié aux protéines plasmatiques et le passage dans le lait maternel est démontré, avec des concentrations équivalentes aux concentrations plasmatiques maternelles. Dans la mesure où il existe un risque potentiel de défaut d'acétylation chez le nouveau-né et compte tenu de la neurotoxicité et de l'hépatotoxicité de l'isoniazide, l'allaitement est déconseillé.


Comment ça marche ?

RIFAMPICINE :
ABSORPTION :
La résorption digestive est rapide et pratiquement totale.
La prise simultanée d'aliments réduit l'absorption de la rifampicine.
Des concentrations plasmatiques maximales d'environ 10 µg/ml sont atteintes en 2-3 heures après l'administration d'une dose unique de 600 mg de rifampicine à jeun.
DISTRIBUTION :
- Le volume de distribution apparent est de 0,8 L/kg chez l'adulte et de 1,1 L/kg chez l'enfant. La liaison aux protéines sériques est d'environ 80%.
- La pénétration intracellulaire est bonne jusque dans les macrophages, incluant les BK.
- La diffusion tissulaire est excellente dans le poumon, le foie et le rein ; bonne dans les autres tissus mais faible dans le LCR et seulement en cas de méningite. Important passage placentaire.
BIOTRANSFORMATION :
La rifampicine est métabolisée principalement en désacétyl-rifampicine qui a la même activité antibactérienne.
La rifampicine a un effet inducteur sur son propre métabolisme.
ELIMINATION :
La demi-vie d'élimination plasmatique dépend de la dose ; elle est d'environ 2,5 heures après une dose unique de 300 mg, de 3-4 heures après 600 mg et d'environ 5 heures après 900 mg. Après administration quotidienne répétée pendant quelques jours, la biodisponibilité de la rifampicine diminue et sa demi-vie s'abaisse à 1-2 heures après des doses répétées de 600 mg. Par son effet d'induction enzymatique au niveau du foie, la rifampicine accélère son propre métabolisme ; il en résulte que sa clairance systémique augmente après administration itérative. La majeure partie du médicament est éliminée par voie biliaire ; 80% de la quantité excrétée étant constitués par un métabolite, la désacétyl-rifampicine.
La rifampicine est également retrouvée dans les urines. Entre 150 mg et 900 mg, 4-18% de la dose sont excrétés dans les urines de façon dose-dépendante et sous forme inchangée.
L'élimination dans le lait est d'environ 2 µg/ml après une prise de 600 mg et dans la salive, d'en moyenne 0,5 µg/ml après une prise de 600 mg.
CARACTERISTIQUES SELON LES PATIENTS :
- Chez les patients âgés, les concentrations plasmatiques sont semblables à celles des sujets jeunes.
- Lors d'atteinte fonctionnelle rénale, la demi-vie d'élimination n'augmente qu'à des doses dépassant 600 mg/j. Aucun ajustement posologique n'est nécessaire en cours de dialyse.
- Quand la fonction hépatique est altérée, les concentrations plasmatiques s'élèvent et la demi-vie d'élimination augmente. En présence d'un dysfonctionnement hépatique grave, il faudra éventuellement réajuster la posologie.
ISONIAZIDE :
- L'isoniazide donne un pic de concentration maximale 1 à 2 heures après l'administration orale. A la 3ème heure, la concentration plasmatique efficace doit être comprise entre 1 et 2 µg/ml. L'isoniazide diffuse bien dans tout l'organisme, notamment dans la plèvre, le poumon, les crachats, la salive, les liquides céphalorachidien, péritonéal et ascitique. L'isoniazide passe également la barrière placentaire. Sa concentration dans le lait est identique à celle du plasma.
- L'isoniazide est métabolisé essentiellement par acétylation en acétylisoniazide. Ce métabolisme est génétiquement déterminé. On distingue deux types de population : les "acétyleurs lents" et les "acétyleurs rapides".
- L'acétylisoniazide est ensuite transformé en acétylhydrazine qui serait responsable de l'hépatotoxicité de l'isoniazide. L'acétylhydrazine est à son tour acétylé en diacétylhydrazine dénué de toxicité. La demi-vie plasmatique est en moyenne de 1 heure pour les acétyleurs rapides et de 3 heures pour les acétyleurs lents.
- 75 à 95% de la dose administrée sont retrouvés dans les urines de 24 heures essentiellement sous forme de métabolites. Les autres voies d'élimination (selles, salive) sont quantitativement peu importantes.
 

 

 

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